Le prix de l’électricité a augmenté de 50 % en dix ans

Après les 5,9% du mois de juin, une nouvelle hausse de 1,23 % a été appliquée ce jeudi 1er août. En dix ans, le prix de l’électricité a augmenté de 50 %.

«J’avoue que je ne sais même pas combien je paye mon électricité». Ce sont les mots de Justine, 23 ans, mais ils pourraient être ceux de n’importe qui. Ce jeudi 1er août, une nouvelle hausse du prix de l’électricité est entrée en vigueur. Si l’on ne sait pas forcément combien nous la payons, l’électricité pèse lourd dans notre portefeuille.

 

Parmi les nombreuses mesures qui s’appliquent au 1er août, la hausse de 1,23 % du prix de l’électricité n’est pas anodine. Elle fait franchir un cap fatidique : 50 % d’augmentation sur dix ans. La hausse touche aujourd’hui environs 25 millions de foyers, et est destinée à couvrir notamment l’utilisation des réseaux publics de transport et distribution de l’énergie. Elle intègre également l’évolution des coûts commerciaux d’EDF et des coûts des certificats d’économie d’énergie.

Il ne s’agit cependant pas d’une augmentation lisse, l’augmentation sera d’1,26 % toutes taxes comprises (TTC) pour les clients particuliers, et de 1,10 % TTC pour les clients petits professionnels.

Une première hausse contestée en juin

Si cette hausse fait râler, elle ne représente pas grand-chose à côté de la précédente. Au mois de juin, une augmentation de 5,9 % des tarifs était entrée en vigueur, sous le feu des critiques. Cette augmentation avait été vivement contestée par les associations de consommateurs et même par l’Autorité de la concurrence. Elle tenait compte d’une progression significative des prix sur les marchés de gros de l’énergie.

Les tarifs proposés sont aujourd’hui calculés via un calcul complexe : additionnant les coûts de l’énergie (prix sur le marché de gros et prix du nucléaire historique), le coût d’acheminement de l’électricité (réseaux de transport et de distribution) et le coût de commercialisation. Face à la contestation populaire du mouvement des Hilets jaunes avec comme préoccupation notamment le pouvoir d’achat, le gouvernement avait annoncé qu’il modifierait ce mode de calcul jugé trop compliqué et opaque.

Le projet de loi énergie présenté à la rentrée

Le projet de loi énergie climat, initialement porté par François de Rugy, va revenir à l’Assemblée à la rentrée, porté par la ministre Élisabeth Borne. Dans ce texte, est fait mention de l’augmentation du niveau de l’électricité nucléaire qu’EDF peut livrer à un coût réglementé aux autres fournisseurs.

Le but est de donner accès à un volume plus important à de l’électricité à prix stable et de réduire le recours au marché européen plus « volatil » et soumis au marché de gros de l’électricité. Pour s’adapter en douceur à la hausse il ne faut pas oublier l’adage : l’électricité la moins chère, est celle que l’on ne consomme pas.

Tom Kerkour, La Dépêche, publié le  , mis à jour