Campagne à Toulouse : «J’ai du glyphosate dans mes urines, et toi ?»

Une campagne menée par un collectif propose à chaque individu de tester ses urines afin de connaître son taux de glyphosate. À Toulouse, la collecte aura lieu devant huissiers, demain matin, entre 6 h et 8 h. Une cinquantaine de volontaires sont déjà inscrits. Après réception des analyses, le collectif envisage de déposer plainte. Jacques Dandelot, membre actif au sein de l’association Campagne glyphosate Toulouse Métropole explique la démarche.

Que montrent les analyses menées sur les personnes prélevées en Ariège et dans d’autres régions françaises ?

Le glyphosate est le principe actif d’un certain nombre de pesticides, dont le roundup de Monsato. Il est emblématique d’une agriculture chimique et industrielle avec toutes les conséquences catastrophiques que l’on connaît. Sur les 250 personnes testées en France depuis le début de la campagne, 100 % des analyses ont été positives, preuve de la présence des pesticides dans notre organisme. Les taux sont bien au-dessus de la norme admissible, quel que soit le mode de vie des personnes : ils sont entre 3 et 35 fois supérieurs à ce qui est autorisé dans l’eau potable, soit 0,1µg/L d’eau.

Quel danger représente le glyphosate ?

Je ne suis pas médecin, mais des études ont montré le danger avéré des glyphosates, notamment en tant que perturbateurs endocriniens. Il y a un cas emblématique en Argentine. Des millions d’hectares sont arrosés par des épandages aériens avec du roundup sans aucune précaution. Les conséquences sanitaires et environnementales sont dramatiques. En France, les tenants de l’agriculture chimique disent que nous n’en sommes pas là, mais on constate quand même que le glyphosate est bien présent dans l’air et dans l’eau.

Quel est le but de la campagne «J’ai du glyphosate dans mes urines, et toi ?» ?

Les citoyens qui décident de faire ce test peuvent ensuite déposer plainte contre les fabricants, mais aussi les personnes en charge des autorisations de mise sur le marché et les responsables politiques. Pour le moment, nous n’avions que des données concernant les milieux ruraux, grâce à Toulouse, nous aurons des données en milieu urbain. Nous allons donc pouvoir comparer les résultats. Après réception, ils seront analysés par un laboratoire indépendant, puis nous déposerons des plaintes communes devant le tribunal de Toulouse.

Il y a un an, le débat sur l’interdiction du glyphosate faisait rage, mais tant qu’il n’y a pas d’interdiction formelle, le glyphosate va continuer à être commercialisé. Cessons de reporter à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui. C’est une fuite en avant ! C’est un produit dangereux avec des effets néfastes sur la santé avérés, notamment par l’OMS.


Citoyens actifs

La «campagne anti glyphosate» a débuté en Ariège il y a quelques mois à l’initiative d’un collectif de citoyens. En 6 mois, il a déposé soixante plaintes pour «mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteinte à l’environnement». Depuis, le mouvement a pris de l’ampleur. Des collectifs se sont montés dans la France entière. L’association à l’origine du prélèvement de vendredi a été créée à Toulouse il y a un mois. Les inscriptions pour le prélèvement de vendredi sont closes, mais d’autres auront lieu en 2019.